Samedi, 12 novembre 2011
Numéro 474

La gratuité comme arme absolue

Les indignés prennent la rue



Les indignés prennent la rue en partant de la Place du Peuple à 15h, samedi le 12 novembre,
pour soutenir la lutte des étudiants et étudiantes contre la hausse inacceptable des frais de scolarité.

Si nous ne pouvons pas y être nous-mêmes en personne,
ayons au moins une bonne pensée pour ceux et celles qui sont dans la rue.

Et en attendant, pour avoir l'impression d'y être aussi,
regardez la vidéo des Alter Citoyens à la Manif étudiante du 10 novembre



Compte-rendu d'un 5à7 de théorie politique



Selon Ben97, certains trouvent qu'on devrait profiter de la situation pour avancer notre cause,
mais on se doute qu'il y en a d'autres qui n'attendent que ça
pour nous accuser de profiter de la situation pour avancer notre cause.

(Voir encadré ci-dessous : Faut-il prendre la 'Pataphysique au sérieux?)

Quoi qu'il en soit Guillaume (Capitaine Compliké) a passé la semaine à Québec
et il nous a fait un rapport de la situation.

Il semble que l'avenir de l'occupation dans cette ville est compromis
par l'énorme danger que les bâches font courir à la population : elles peuvent prendre en feu !

Jean-Patrick nous a parlé de la situation à Montréal.

Il était là quand Jean-Luc Mongrain a fait la tournée des lieux
et il a trouvé que le monsieur avait posé des questions pertinentes
et qu'il n'avait pas porté de jugements intempestifs sur les indignés et leur démarche.

Il a aussi parlé des Milices qui ont beaucoup aidé les «occupants»
malgré la résistance instinctive des «anarchistes»
face à l'organisation quasi «militaire» des miliciens.

Bref, cette expérience démocratique unique dans les anales de l'histoire récente
continue d'être d'un intérêt capital pour notre cher directeur du
«Laboratoire des Science de la Démocratie».

Ben97 a continué de développer ses plans de recrutement pour augmenter nos effectifs :

On ferait faire des «Certificats de Rhinocéritude», en format cartes d'affaires,
que chacun pourrait distribuer dans son entourage aux personnes appropriées.

Et on aurait un questionnaire interactif sur le site du parti
avec une série de questions pour déterminer si la personne est Rhinocéros ou pas.

Évidement, quel que soit leur choix de réponses,
à la fin toutes les personnes seraient considérées Rhinocéros
et recevrait leur carte de «Confirmation de Rhinocérité».

Il y a aussi une longue discussion sur la pertinence de faire de la politique
en ces temps incertains que je développe ci-dessous...

Sergio

FAQ - Pourquoi ?

Les gens nous demandent : «À quoi ça sert le parti Rhinocéros ?»

Si on leur explique, ils répliquent : «Oui, mais avant c'était plus drôle !»

C'est pour éviter ça qu'on a toujours promis de ne pas tenir nos promesses.

Comme ça les personnes qui aiment croire qu'on n'est pas fiables
peuvent se dire qu'on est des gens qui ne tiennent pas leurs promesses
et les personnes qui aimeraient croire qu'on est fiables
peuvent se dire qu'on a au moins tenu celle de ne pas les tenir.

Tandis que les vrais rhinocéros savent qu'on a jamais rien promis à personne.

On fait de la politique pour le plaisir, pas par intérêt ou pour prouver quoi que ce soit.

Faut-il prendre la 'Pataphysique au sérieux ?

À un moment ou l’autre de sa vie, même s’il n’en a pas conscience ou s’il ne se les formule pas clairement, le vrai pataphysicien est confronté dans le plus intime de son être avec les deux propositions suivantes :

Proposition A
Le vrai pataphysicien ne prend rien au sérieux, sauf la ’Pataphysique ... qui consiste à ne rien prendre au sérieux.

Proposition B
La ’Pataphysique consistant à ne rien prendre au sérieux, le vrai pataphysicien ne peut rien prendre au sérieux, même pas la ’Pataphysique.

Le vrai pataphysicien ne doit pas se prendre soi-même au sérieux. Il se met ainsi à l’abri d’une tentation à laquelle cèdent, hélas, tant de ses contemporains !

(source : Le Collège de 'Pataphysique)

Quelques définitions...

Le syndrome du Larbin, par Julien Arlandis
Chez un individu, le syndrome du larbin est un comportement pathologique visant à prendre systématiquement la défense des classes les plus favorisées au détriment de celles dont il est issu. Ce syndrome diminue les capacités d’analyse du larbin et se traduit par un blocage psychologique l’incitant à agir préférentiellement contre ses propres intérêts au profit de ceux qui l’exploitent.

Anomie
L'anomie est aussi l'état d'une société ou d'un groupe sans règles, sans structures, sans organisation naturelle ou légale. L'anomie signifie alors désordre social et chaos.

Anarchie
Pour les anarchistes, l'anarchie n’est pas synonyme de chaos, mais correspond à une situation harmonieuse résultant de l’abolition de l’Etat et de toutes les formes de domination et l’exploitation de l’homme. Elle est fondée sur l’égalité entre les individus, la libre association, la fédération ou l’autogestion, voire parfois le collectivisme. L’anarchie est donc structurée et organisée, sans qu'il y ait une quelconque primauté de l'organisation sur l'individu.

FAQ - Que peut-on faire ?

New Age Politics, par Mark Satin
The new politics is arising out of the work and ideas of the people in many of the social movements of our time: the feminist, environmental, spiritual, and human potential movements; the appropriate technology, simple living, decentralist, and “world order” movements; the business-for-learning-and-pleasure movement and the humanistic-education movement.

La gratuité comme arme absolue, Raoul Vaneigem
Une interview de Raoul Vaneigem où il parle du situationnisme, de désobéissance civile et de gratuité comme arme absolue de la vie contre l'économie.



L'argent, c'est le nerf de la guerre.

Par conséquent, tout pacifiste qui se respecte devrait être pour la gratuité et l'auto-gestion.

Dans une société rhinocéros, anarchiste et gratuite,
chacun assumerait sa part du travail en fonction de ses capacités
et chacun recevrait sa part des fruits du travail en fonction de ses besoins.

Ainsi, une personne handicapée aurait moins de charges et recevrait plus d'attention
tandis qu'une personne surdouée assumerait davantage de responsabilités
mais aurait besoin de moins d'attention.

Il va sans dire qu'une telle société devrait d'abord être constituée de gens moins matérialistes.

J'imagine que vous l'avez vous aussi entendu dire au moins un million de fois :
«Si tu veux changer le monde, commences donc par te changer toi-même.»

Il appartient à chaque individu de travailler sur soi pour devenir une meilleure personne,
mais cela n'est pas suffisant pour changer le monde.

Il faut en plus s'impliquer et consacrer du temps à l'amélioration de la société.

C'est ça l'idée de participer à la «démocratisation de la démocratie».



À suivre...

Sergio

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