Jeudi, 2 juillet 2009 |
2009-07-02 - 5a7 à la Casa Obscura- 5a7 à la Casa ObscuraNotre inestimable et irremplaçable secrétaire général Serge étant hors d' usage, ne disposant pas d'ordinateur, pour cause de déménagement, je prends la relève pour relater, de façon bien personnelle mais quand même honnête, les surprenantes prouesses intellectuelles néorhino-cériennes du 2 juillet dernier. L'atmosphère de la réunion était assez détendu : c'est l'été quand même, «c'est le temps des Vacan-an-ces», chanson–thème, vous vous souvenez, Pierre Lalonde; ou est-ce déjà d'une époque trop ancienne, c'est-à-dire, celle de notre adolescence!? François poursuivait sa cure de désintoxication du foie et nous a fait participer à sa diète de fruits composée de melon d'eau et cerises de France : c'est très bon avec de la bière. Le parti se prépare activement pour les prochaines élections comme vous pourrez le constater en regardant les photos (il y en a en effet quelques-unes qui surprennent les candidats en flagrant délit de travail...), on risque donc de retrouver un parti très présent et efficace aux prochaines élections et qui pourrait surprendre l'establishment canadien, par sa vigueur et surtout l'appui de la population pour cette gang de bouffons! Bon, on est aussi revenus sur le sapin que François avait passé à la dernière réunion, quand il a demandé si le parti neorhino était communiste; question à laquelle le secrétaire général avait répondu oui en se servant de la définition de Wikipédia. J'avais alors fortement réagi en écrivant un commentaire polémique en bas du dernier rapport. Je concevais le communisme comme de la «simplicité involontaire». Nous avons poursuivi le débat de façon animée et souvent fort humoristique. François a alors malicieusement mentionné que déjà le parti songeait à faire des purges : il est normal de penser purger le parti de ceux et celles qui n'ont pas la foi, quand on est en désintoxication de son foie, ça devient comme une obsession! Je me suis senti concerné mais j'ai courageusement poursuivi mon argumentation. J'ai suggéré, puisque qu'on ne pouvait plus, à mon avis, faire marche arrière, de saborder le néorhino et de fonder un autre parti plus conforme à la nouvelle identité communiste, et de nommer ce nouveau parti le «PCC, Parti Communiste Cubec,» de s'aligner sur le PCC, Parti Communiste Cubain : cette décision aurait pour effet de donner une forme politique au Cubec, pays virtuel en création, et de faciliter la fusion Cuba-Québec; d'éviter aussi l'infiltration du parti par des agents cubains toujours à l'affût de manipulation et contrôle de l'opinion publique, locale et mondiale. Ma proposition n'a reçu aucun appui. On m'a de plus rappelé que l'aspect du communisme n'engageait que ceux et/ou celles qui l'ont exprimé, puisque dans le néorhino, m'a-t-on rappelé une deuxième fois, n'importe qui peut dire n'importe quoi! J'ai remis à l'état major du parti, un film sur Cuba que j'ai trouvé sur internet, réalisé, je crois, par un cinéaste hollandais. Le film est pertinent, original : il traite des ruines de La Havane en suivant et en dialoguant avec cinq personnes habitant au milieu de ces ruines que nous admirons tant quand nous visitons La Havane. Pour faire le lien, le film met en scène un écrivain, un intellectuel déchu par le parti et privé de son statut d'écrivain et qui se définit comme Ruinologiste. Sa réflexion est intelligente, intéressante. Il associe l'état des ruines au discours de Fidel Castro qui a gardé la population en état d'alerte sur une possible invasion américaine (sur laquelle il a établi son règne et légitimé son pouvoir) : pour cet écrivain donc, La Havane ressemble à une ville bombardée après une invasion américaine qui n'a jamais eu lieu. Les ruines de la cité sont les mots usés des discours de Fidel Castro, qu'il a vociférés avec autorité, comme un halluciné, pendant cinquante années. Une pièce à ajouter au dossier, pour la suite de l'Histoire. Le thème rejoint la pensée d'un important poète québécois, Roland Giguère, qui a écrit il y a un certain temps déjà, un magnifique recueil qui s'intitule : « Le défaut des Ruines, c'est d'avoir des habitants». Le Monde est-il en ruines? Ne sommes-nous pas nous-mêmes et tous, «des Ruinés», dans cette économie mondiale globale et en récession (le prix du panier de provision ne cesse cependant d'augmenter!)? J'ai poursuivi (je suis tenace) en demandant si le communisme était représenté par l'aile cohérente ou incohérente du parti? Car il m'apparaissait clair que seuls les incohérents pouvait adhérer à pareille orientation. L'aile jeunesse m'a répondu que non, l'option pouvait trouver des adhérents dans les deux camps. Serge a aimé la question puisqu'il a redemandé au moins trois fois quelle était la question, déjà? C'est probablement Jean-Guy qui en a donné la meilleure définition (il la tenait d'un oncle cubain du côté de la grand-mère de sa fille) : «Quand un vrai communisme entre dans le magasin, il prend juste ce dont il a besoin et pas plus.» (L'oncle a précisé qu'à Cuba, on pouvait les traiter de socialistes, mais qu'ils étaient encore loin d'être rendus des bons communictes). Pour clore ce sujet, François m'a décoré à la fin de la réunion de la médaille du Che, faisant de moi un communiste involontaire mais identifiable si jamais je me perdais. Les jeunes ont aussi amorcé en catimini une réflexion étymologique sur certains mots essentiels comme écologie, politique, etc. Ils sont brillants nos membres de l'aile jeunesse et il faudra leur faire de plus en plus de place, maintenant qu'ils ont bien appris de leurs aînés, l'art de dire des niaiseries. Au moment culminant de la session de travail, on m'a proposé le poste d'agent officiel du parti, puisque Serge veut se présenter aux prochaines élections, subjuguer les foules avec son Verbe étincelant, terrasser le dragon bourgeois en lui faisant avaler le feu de sa fausseté; et qu'il ne peut cumuler les deux fonctions (candidat et agent principal). J'ai décliné aimablement(?) et poliment(?) l'invitation puisque je pense voyager cet automne (certains pensent que je retournerai au Brésil, ce qui est plausible). Jean-Patrick m'a alors demandé, le cas échéant, de rapporter pour nos archives de la documentation concernant la victoire d'un hippopotame nommé Cacereco aux élections municipales de Sao Paulo au début des années 1960. L'animal avait été élu par la majorité des dissidents mécontents et abstentionnistes qui avaient ainsi exprimé leur ras-le-bol. Cet événement a inspiré l'essentiel Docteur Ferron, dont il faudrait relire l'œuvre de toute urgence, qui a choisi un nom d'animal lorsqu'il a fondé le Parti Rhinocéros. Le Parti néorhino souhaite aussi recueillir l'appui et le vote des 40% d'abstentionnistes, un pourcentage croissant et menaçant pour la légitimité du pouvoir, pour la survivance de la démocratie, pour la participation du citoyen dans la gestion et développement de ses propres affaires, pour la liberté d'expression et toutes les autres itou. Serge, l'ineffable et inénarrable secrétaire, était particulièrement en verve, malgré la fatigue évidente occasionnée par un déménagement la veille. Il y est allé de plusieurs envolées oratoires dont une a été filmée, pour les archives et pour la postérité. Ne vous inquiétez pas du début du film où on le voit de côté, ce qui n'est pas sa position naturelle quand il parle, mais plutôt celle dans laquelle les auditeurs le voient, car ceux-ci sont toujours perplexes et médusés en entendant les propos si brillants mais parfois aussi, si politico-ésotériques de Serge; les choses se replacent cependant assez vite à l'endroit, quand on commence à comprendre l'intelligence du propos, comme vous le constaterez après une trentaine de secondes du début du film. Un moment inoubliable, historique. François nous informe qu'il travaille sur son prochain film, à partir des images du Symfolium d'avril 2009 et de son dernier voyage à Cuba. Nous avons tous bien hâte de visionner ce prochain chef-d'œuvre. Jean-Patrick, toujours aussi actif, le chef de la section L.S.D., y est allé d'une présentation de dépliant électoral, assorti de belles citations sur la politique faites par des personnages historiques tels Napoléon, Coluche et autres. Un beau travail dont nous verrons le résultat sous peu. Bon, c'est à peu près ça, vous pourrez vous joindre au groupe en visionnant le petit clip de l'envolée oratoire de Serge, regarder les quelques photos de l'événement. Il y a eu aussi, bien sûr, embrassades et effusions d'amitié, comme toujours dans ces réunions, surtout quand Jean-Guy y est et il y est toujours! À signaler aussi la présence si mignonne de Natalie, notre petite princesse, la fille de Jean-Guy. Ca s'est terminé avec le visionnement d'un film sur les Rumberos à Cuba. Guillaume a quitté et il m'a rappelé qu'il s'est affiché comme anarchiste plutôt que communiste. Il a été fait mention aussi d'un groupe de 14 musiciennes cubaines présentement à Montréal et que François va contacter et inviter à jouer à la Casa obscura prochainement. Le groupe s'appelle ANACAONA. Fiesta et rumba cubaine à l'horizon : CALIENTE!!! C'est alors que Jean-Guy a distribué gracieusement des échantillons d'encens divin de sa fabrique. Car au néorhino, vous savez, on ne sniffe que du meilleur : de l'encens NUR, en vente chez... JeanFoutu!
On a poursuivi le débat dehors, Serge, Jean-Guy et moi : sur le concept de Masse, d'économie moderne au moyen de laquelle nos dirigeants mondiaux nous fourrent avec des passes d'argent dont les montants sont historiquement astronomiques. Les milliardaires s'enfuient dans l'espace pour stasher du cash; l'exode des riches vers d'autres planètes est déjà commencé; de quoi redonner confiance dans l'avenir de l'humanité sur la terre. Que se vayan todos! Les dernières photos illustrent bien ce que nous pensons de cette comédie économique grotesque. On a traversé la rue et on est allé saluer l'épouse d'Elvis, qui est cubaine et que je rencontrais pour la première fois; on a retraversé la rue pour saluer brièvement Elvis lui-même, à qui j'ai montré ma médaille du Che, ce qui a eu l'air de l'impressionner fortement! Puis on s'est quittés pour se dissoudre dans l'éth-air de Montréal, avec nos silhouettes énigmatiques de saltimbanques. On attend une foule nombreuse à la prochaine réunion. On s'ennuie de ceux-celles qui se sont éloigné-es et on a hâte de connaître de nouveaux-elles bouffon-nes intergalactiques… Nous sommes ouverts à toutes et à tous, en provenance de quelque planète que se soit, pourvu que vous soyez punk-tue-elles, rebel-les et bel-les, de cœur et d'esprit.
Gilles Caésar
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