2008-12-18 - 5à7 à la Casa obscura
 
5à7 à la Casa obscura
Ce fut encore une excellente réunion
et on a parlé de beaucoup de sujets dans le désordre.
Je vais tâcher de vous rapporter les conversations
mais dans un désordre différent (j'ai la mémoire qui flanche)
et avec quelques commentaires en plus (j'ai l'imagination fertile).
Si j'ai oublié quelque chose ou mal compris autre chose,
ne vous gênez pas pour ajouter un commentaire
dans le formulaire tout au bas de l'écran.
50e anniversaire
François a revu avec un peu plus de recul
les images filmées par Bernard à Cuba
lors du voyage de la brigade des 5 pour les 5
et il trouve que ça fait très surréaliste
car si tout est vrai, ça demeure une aventure incroyable.
Le film que François et Bernard vont monter ensemble
sera présenté comme la contribution du parti neorhino
aux fêtes du 50e anniversaire de la révolution cubaine.
D'ailleurs le thème du Symfolium 2009 au Lion d'Or sera :
«Cubec Libre, hommage aux 50 années de la révolution cubaine»
Dans le film, il y aura des narrations pour compléter les images.
François aimerait avoir un exposé sur l'économie cubaine
si possible préparé et présenté par Léopold Lauzon.
Et peut-être aussi quelques mots d'Amir Khadir.
Nous pourrions aussi demander à un ministre cubain,
peut-être Felipe Ramón Pérez Roque,
de nous expliquer comment les cubains font la gestion des crises
en prenant pour exemple leur manière de s'occuper de la population
avant, pendant et après les cyclones.
neorhino.ca, un parti nécessairement étapiste
J'ai mentionné que le parti neorhino était nécessairement un parti étapiste.
Par exemple, nous sommes souverainistes à cette étape-ci de l'évolution,
mais en tant que marxistes-lennonistes, ce que l'on vise à long terme c'est :
«Imagine no countries»
En tant que Québécois, on a beau vouloir un pays à court terme,
éventuellement il faudra bien se résoudre à effacer toutes les frontières.
En demeurant cohérent avec «Imagine»,
le parti neorhino étend ses racines profondément
dans le mouvement «Peace and Love» qui a secoué l'ordre établi
et n'a jamais cessé de faire évoluer les mentalités depuis plusieurs décennies.
Récemment Alain Souchon a fait une chanson sur Che Guevara
et il critique le révolutionnaire qui aimait les armes à feu
et a fait fusiller de nombreux adversaires politiques.
C'est très hippy de la part de monsieur Souchon
de s'offusquer aujourd'hui des faits et gestes du Che,
mais il ne faut pas oublier que le mouvement pacifiste
a commencé après la révolution cubaine, pas avant.
Le Che vivait dans le contexte de la guerre froide,
peu après une 2e guerre mondiale qui a fait des millions de morts.
Nous continuons par des voies pacifiques le même combat
que le Che a mené par la voie militaire.
Je pense que les pacifistes d'aujourd'hui ne devraient pas renier le Che,
car sans ses écrits majeurs et ses actes héroïques,
il n'y en aurait peut-être même pas eu de mouvement «Peace and Love»
ou en tout cas, il n'aurait pas eu la même portée.
Prochaine visite à Ottawa
Ben97 a fait remarquer que, dans le temps, nous faisions souvent nos sorties
accompagnés de plein de musiciens et ça faisait beaucoup plus de tapage.
Lors de notre prochaine virée à Ottawa, il faudra amener quelques musiciens
et plusieurs instruments de percussion pour faire plus de bruit.
Il faudrait aussi contacter Bruno Lefou
pour lui demander de filmer notre présence dans la capitale,
car si on veut des images de nos actions, il faut les prendre nous-mêmes.
En plus de dire qu'il faut que nous coalissions Harper dehors,
Ben97 suggère que nous en profitions pour présenter un budget.
En fait, il ne s'agit pas tant d'un budget que de nouvelles pratiques économiques.
Ben97 et Cacereco voudraient proposer que l'économie soit basée sur le troc.
Et ils donnent comme exemple un clip vidéo qu'ils ont tourné
pour un organisme en échange de services qui seraient rendus au parti.
Alors j'ai expliqué que pour que la transaction soit complète,
il fallait que le parti compense Ben97 et Cacereco pour leur travail.
Et Cacereco s'est mis à expliquer son idée d'un système
de Bourse pour gérer les échanges de troc.
Je lui ai répondu que le troc, c'est déjà commencé, qu'on a rien à inventer
qu'il n'y a qu'à embarquer avec un ou plusieurs des systèmes en place
mais que, quel que soit le système, l'important c'est que chaque transaction balance.
Il me semble que le plus révolutionnaire serait d'imaginer un système
où chaque transaction balance sur le champ,
alors on aurait plus besoin de banques, de bourses, d'économistes, etc.
Et on s'est mis à en parler de théories économiques
jusqu'à ce que Sophie trouve qu'on était rendu trop sérieux
et qu'on devrait passer moins de temps à parler de ce qu'on ne veut plus
et plus de temps à imaginer ce qu'on voudrait à la place.
Puis une de ses amies est venue la saluer
et Ben97 lui a remis un macaron neorhino
en disant que dans l'esprit du troc,
elle lui devait maintenant un service de valeur équivalente.
Elle lui a répondu directement et avec aplomb :
«Non merci, le troc je n'y crois pas, ça revient exactement au même».
Yes!!! j'aurais voulu l'embrasser.
Elle a dit en si peu de mots exactement ce que je pense
mais que je n'arrive pas à expliquer avec tous mes mots.
Je lui ai demandé ce qu'elle suggérait à la place.
«Le mieux serait qu'il n'y ait plus d'argent.»
Re-Yes!!!
Sauf que les autres branlaient dans le manche.
Pourtant, c'est cohérent avec «Imagine no possessions».
Ça fait longtemps que je pense que la meilleure façon
pour la population de mettre fin aux guerres et au massacre de l'environnement
c'était de trouver mieux que l'argent pour organiser la vie en société.
Code Napoléon vs tactiques de guérilla
Au lieu de l'organisation pyramidale,
je propose qu'on adopte le modèle des oignons.
Plusieurs couches concentriques,
où les personnes forment des réseaux de soutien mutuel
dans la couche sociale qui leur correspondnaturellement.
Sophie a parlé de l'organisation sans hiérarchie des tibétains
et des adeptes de différentes disciplines spirituelles en Inde.
J'ai ajouté que Alfred Elton Van Vogt avait très bien expliqué cette idée
dans «Le monde des non-A» en utilisant entre autres
les idées d'Alfred Korzybski sur la sémantique générale.
Dans ce roman de science-fiction, il est question d'une planète
dont la population s'est affranchi de la logique Aristotélicienne
et qui est attaquée par des gens d'une autre planète dont les soldats
se conforment à la logique habituelle et aux longues chaînes de commandement.
Mais ils ne peuvent arriver à conquérir la planète des non-A
car dans chaque combat, la population attaquée
réagit
toujours plus rapidement, spontanément et efficacement
que les soldats qui doivent attendre des ordres qui viennent d'ailleurs.
Ben97 explique que c'est comme ça qu'on a arrêté les américains
dont les armées remontaient vers le nord pour conquérir le territoire
et se battaient en suivant le Code Napoléon.
Pour faire face aux américains, les anglais ont dû faire une coalition
avec les français et les autochtones (la première coalition au pays).
La communication était très difficile entre ces trois groupes
qui dès lors fonctionnaient de façon plutôt anarchique.
Mais comme les américains se battaient en formations
en suivant les tactiques très prévisibles du code Napoléon,
ils ont été vaincus par les tactiques de guérilla des français et des indiens.
Le rôle du parti neorhino.ca dans tout ça...
Hé bien nous, on fait de la politique de guérilla,
de la politique holographique à dose homéopatique.
On ne défend pas une idéologie
(comme le conservatisme ou le néolibéralisme).
On défend des principes
(comme «une personne, un vote» ou «pas de ligne de parti»).
Le problème avec les idéologies
c'est qu'elles sont inévitablement mutuellement exclusives.
Ce qu'il y a de bon avec les principes
c'est qu'ils peuvent inclure tout le monde.
Alors, merci de vous être rendus jusqu'ici
et à la prochaine !
Sergio
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