Samedi, 2 juin 2007
Numéro 46

Retrouver l'utopie

Retrouver l'utopie

Dans ce bulletin:

François : Retrouver l'utopie

Isabelle : Quand les moppes pètent show

Gilles : Réunion chez Paule Lebrun

Retrouver l'utopie

Au début du magnifique livre :

«L'Aventure Hippie» de Jean-Pierre Bouyxou et Pierre Delannoy, des éditions Du Lézard, il y a cet extrait de Allan Watts, ce vieux père de la révolution culturelle américaine:

« En notre temps de crise écologique, nous livrons un combat décisif.

D'un coté, les gens qualifiés de droits, réguliers, carrés (cubiques ou angulaires), classés, diplômés et payés pour l'être.(…)

De l'autre, les bohémiens, les flâneurs, les fous, les fantaisistes, les excentriques, les bienheureux, les prostituées, les vagabonds et les hippies.

Ceux-ci veulent goûter l'univers et vivre des trucs chouuettes, rythmés ou extatiques, syncopés, flippants et psychédéliques.

Les premiers admirent les machines et rivalisent avec elles.

(…)

Les seconds ont emprunté aux plantes et aux animaux leur organisation ondoyante et luxuriante. »

Nous sommes ces gitans de l'imaginaire, ces passionnés de l'amour, ces corsaires de la beauté, ces rêveurs de l'arc en ciel et nous voulons refaire le paradis terrestre.

Avec le neorhino.ca nous voulons changer de paradigme et retrouver l'utopie.

L'utopie ou la mort de René Dumont publié en 1973.

Nous sommes des fous et nous voulons faire la réfolution.

Fousoi Amis amies allez sur le site du neorhino.ca, il commence à y avoir plein de textes et de petits vidéos.

À plus

Fousoi Gourd, poéliticien



Quand les moppes pètent show

Ma chère équipe de Radio préférée,

Ce matin vers 7h20, j'ai écouté la chronique économique de Michèle Boisvert avec attention. Il était question du soit-disant Festival de rue... Ubisoft.

Bon, d'abord je n'ai rien contre la création d'emploi et le dynamisme qu'il engendre. Bon mais quand même en tant que mère d'un adolescent de 17 piges ça me gêne le tantinet quand il s'agit de produits dont le contenu attise des valeurs qui me révulsent (la violence notamment). Ceci est multiplié quand il s'agit de s'adresser à nos jeunes têtes blondes dont l'esprit critique est en formation. Surtout que mon ado est proche de celui de la série «La Galère», si vous voyez le tableau.

Ce préambule dit, en tant que résidente du Mile End depuis moi aussi 10 ans je peux dire que j'ai vu le quartier évoluer. C'est sûr qu'on est content de voir qu'on ajoute des poubelles ou des bancs, qu'on aménage des carrés de verdures, qu'on aide l'école Lambert Closse même de façon ultra infinitésimale pour la réfection de sa cour d'école. Les 1700 nerds trentenaires sont aussi de jeunes parents, c'est bien la moindre des choses.

Et dans le même mouvement on tente de se dire que c'est un juste balancier s'il y a de sales graffitis dont l'appartenance à des bandes de jeunes extérieurs au quartier qui prolifèrent, s'il y a des jeunes dont on voit tout de suite qu'ils sont pas rap pantoutte avec le coin. On fait confiance à la communauté que nous sommes, à sa force de vie, pour que ça ne déborde pas.

Seulement voilà. Faisant partie de Clowns Sans Frontières Québec, j'ai failli participer au truc de la rue St-Viateur. Truc qui n'est pas plus un festival de rue, qu'une fête corporative comme je le pensais encore hier. Sous la bannière clownesque de CSF je devais moi et mes acolytes animer pas moins de quatre ateliers de clowns pour rien du tout. Rien. Même pas le droit de vendre des nez de clown pour financer l'organisation. L'argument : on ne vend rien sur la rue ce jour-là, interdit. Sauf les commerçants habituels pour la bouffe et autre. Là-dessus rien à dire. Mais quand on a dit que nous étions un organisme caritatif et que ce n'est pas un achat que l'on fait quand on paye un nez de clowns c'est un DON alors là plus personne ne réponds chez UbiShose. On a âprement pu négocier 60 douleurs pour quelques nez de clowns devant servir lors de la conférence de presse. Ça en dit long quand même sur là où l'on met les billes.

Watson et Soccalled on pu négocier un gros cachet car ils sont connus mais tous les autres, niet, nada, que pouick.

Et de nous rappeler, nous gens artistés et attristés, que l'on nous a chassé du building comme des lépreux de l'art que nous étions déjà.

Quand les 1700 nerds sortent le midi on commence à étouffer nous autres. Surtout depuis qu'on a demandé, à grand renfort d'affiches partout, que nous soyons des bénévoles de leur fête.

Donc, je croyais déjà vertement que Ubisoft entretenait la confusion des genres entre fête de quartier et fête corpo ce qui était déjà assez dégueu, merci. Mais que nenni... ce qu'on nous cache (et c'est la cachette qui fait enrager tout le quartier, ce sont les manières grossières qui n'ont rien à voir avec les manières des gens d'ici) c'est que cette opération correspond à la sortie de deux jeux.

Sans que ce soit pour répondre à un argument de notre part, lors d'une réunion entre la fille des comm' d'Ubishose et nous Clowns Sans Frontière, lâche que Oh oui, bien sûr les jeux ont un contenu violent mais que voulez-vous c'est ce que demandent les jeunes.

Hein? Allo!!!...

Ç'aurait pu être justement un petit hiatus intéressant si Clowns Sans Frontières avait pu se glisser dans ce festival hautement fricatif (comme dirait à peu près mon homme de radio préféré au rire jurassique). Sauf que là... faut pas pousser mémé dans les orties. Ça pique le postérieur. Notre mission est de paix. On veut bien faire rire le monde gratos, du moment qu'on nous permet de ramasser quelques dons et surtout qu'on se foute pas de la yieule du pauvre monde. Le pauvre monde n'a pas besoin qu'on lui éduque sa marmaille à grands coups de violence, surtout si elle est larvée au coeur de leurs loisirs.

Québec Solidaire Mercier va émettre ce matin un texte. Et pour reprendre le genre de mots du papa fort en gueule de mon amie : Faut pas prendre les artistes et les gens du Mile End ici pour des moppes. Pas plus que pour des imbéciles.

Le loyer d'Ubisoft est sur le point de passer au rouge pour eux, ils vont bientôt quitter leurs pénates. Ils en ont rien à cirer du quartier. Un autre géant économique va sûrement reprendre et les citoyens de se la fermer? C'est mal connaître la communauté et son hybridité culturelle forte et dense. En plus d'abriter le coeur le plus vif de Québec Solidaire, le Mile End est le berceau du NeoRhino (parlez-en à Francine Grimaldi, Paul Kunigis, Richard Desjardins... ect... pas de sale monde. J'en suis un fier membre également). Or, NeoRhino prône et revendique la décroissance comme étant la solution à tous nos maux planétaires. Vous voyez bien qu'Ubisoft a part rap avec le goût du jour.

J'espère que de cette cagade, ce qu'il ressortira c'est une prise d'actions de la part des citoyens à se concerter pour faire revivre notre vraie fête, sans aller faire tout un foin très loin hors du quartier comme c'est le cas en ce moment pour ce binz qui n'est qu'une vaste opération de marketing déguisée.

Isabelle Grandjean,
cinéaste, poète, mère, prof mais surtout citoyenne.


Réunion chez Paule Lebrun, le Mardi, 29 Mai, à Ste-Adèle

Étaient présents: Paule Lebrun, Ma Premo, Fousoi Gourd, Serge renard Grenier et Gilles lynx Chalifoux.

La discussion commence par une esquisse de définition du neorhino :

un lieu de parole, un espace d'ouverture, d'espoir entre autre pour une jeunesse parfois désorientée et désespérée aujourd'hui (a été évoqué le mouvement punk «No Future» qui exprime l'urgence.)

Le Pouvoir est ailleurs ,loin des besoins . A défaut de prendre le Pouvoir, nous prendrons la Parole dit l'un; la Parole est le Pouvoir, affirme l'autre.

«Entends le Mot accomplir ce qu'il dit» ( René Char).

La présence du neorhino.ca viendra freiner et contrecarrer la manipulation politique traditionnelle de la Peur.

Paule nous invite à lire l'approche de la science nouvelle à travers les écrits de Brian Swimme (nouvelle histoire du Monde) et de Pope.

Affirmer le mystère de la Vie, son aspect dyonisiaque; célébrer la Fête

En opposition à la douleur et à la souffrance que procurent l'illusion et la fausse sécurité de l'Argent ;l'organisation rationnelle de la société, la création de faux besoins, la hantise de la Mort.

neorhino.ca : une invitation à l'expression de modes de vie diversifiés, pluriels; avoir un impact sur le social, se réaproprier nos outils de développement sociaux, réactualiser les expériences de vie alternative.

Appliquer la médecine de l'imaginaire, créer l'ouverture par l'Amour.

Mettre en théâtre.. .la Vie... la Guérison; mettre en place les rites sociaux de la communauté... la Fête...

Inventer une poélitique, une utopie de l'imaginaire; mettre en place des processus de guérison, déployer la magie de l'espoir, de la Vie.

Le pouvoir politique traditionnel est une imposture destructrice qui a réussi par la tromperie à se faire légitimer par un vote démocratique.

La démasquer.

Nécessité d'un lieu politique de transmission de ces expérimentations sociales alternatives dans le but de faire un lien brisé et restaurer l'espoir et l'envie d'innover pour la jeune génération.

«Quand les vieux ne font pas leur travail intérieur dans l'espace de parole qui leur est alloué, les adultes sont confus, les jeunes sont désespérés.» (cité de mémoire).


Retour, vers Montréal, heureux d'un bel après-midi au paradis.

Gilles Chalifoux