11 novembre 2012
La crise étudiante a donné lieu à pas moins de 638 manifestations en l'espace de huit mois, à Montréal, en plus de faire exploser le budget du service de police de la ville de 20,7 millions de dollars.
Voilà les chiffres «sans précédent» que des membres de l'état-major du SPVM ont dévoilés hier, en présentant le plan budgétaire du corps policier devant les élus siégeant à la commission de la sécurité publique de Montréal.
«Montréal était devenue le centre névralgique du mécontentement populaire. À ma connaissance, il n'y a aucun service de police au Québec, au Canada et peut-être même aux États-Unis, qui a vécu une période de turbulence aussi intense, sur une base quotidienne et d'une durée semblable», a plaidé l'assistant-directeur Bruno Pasquini.
2012-11-09 - Éric Thibault - Le Journal de Montréal
Rapport final
Équipe de surveillance des interventions policières
8 novembre 2012
L’équipe de surveillance des interventions policières (ésip) a été créée suite aux évé-
nements survenus au Cégep du Vieux Montréal et à la Tour de la Bourse les 16 et 17
février dernier. Bien que l’initiative soit née à l’uqam, des étudiant-e-s d’autres univer-
sités ont rejoint les rangs. Notre groupe s’inspire à la fois du mouvement CopWatch et
du National Lawyers Guild.
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Ce problème, qui semblait d’abord anodin, est rapidement devenu endémique. À mesure
que les manifestations et les interventions musclées se multipliaient, l’impunité policière
grandissait. Il est évident que l’anonymat policier mène à une forme d’impunité : im-
possible de savoir à qui l’on fait face, qui nous tabasse, etc. Nous avons entendu à
plusieurs reprises les représentants duspvmvanter les mérites de leur corps policier. Si
leur travail est aussi excellent qu’ils le prétendent, il ne devrait pas y avoir de raisons
de se cacher en dissimulant les numéros de matricules des agent.e.s.
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Le second problème majeur relevé pendant la grève a été le travail de profilage politique
auquel se sont adonné les forces policières. Le cas des journalistes du Devoir lors de la
F1 a été particulièrement médiatisé. Par contre, il s’agit là que d’un incident parmi des
centaines, voire des milliers. Plusieurs témoignages ont été transmis à l’ésipau sujet de
profilage politique. Les membres de notre équipe en ont eux et elles aussi été victime.
Dans un rapport datant de 2005, l’ONU a accusé lespvmde pratiques de profilage racial
et social. Il semblerait que les pratiques discriminatoires du corps policier montréalais
se soient diversifiées pour maintenant englober le profilage politique. Celui-ci se définit
comme « toute action prise par une ou des personnes d’autorité à l’égard d’une personne
ou d’un groupe de personnes, pour des raisons de sûreté, de sécurité ou de protection
du public, qui repose sur des facteurs tels l’opinion politique, les convictions politiques,
l’allégeance à un groupe politique ou les activités politiques, sans motif réel ou soupçon
raisonnable, et qui a pour effet d’exposer la personne à un examen ou à un traitement
différent. »
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Les membres de l’esipse sont investis dans l’observation du travail des forces policières
d’en le but d’en relever les faiblesses. À la suite de plusieurs mois d’observation et
près d’une centaine de manifestations, nous dressons un très sombre portrait des corps
policiers québécois quant à leurs actions lors du conflit étudiant. En tant qu’étudiant.e.s
en droit et futur.e.s avocat.e.s, nous avons à coeur le respect des lois par les institutions
étatiques, particulièrement celles chargées de la protection publique. Les événements
des derniers mois ont permit de mettre en lumière de nombreux problèmes au sein des
forces policières. Plusieurs de ces problèmes sont systémiques : il ne s’agit pas que d’une
seule « pomme pourrie ». La relation de confiance, s’il en existait une, entre les corps
policiers et une partie de la population a été brisée à la suite de gestes, de paroles et
d’attitudes inacceptables. Il est impératif que la lumière soit faite sur les agissements des
forces policières. Une enquête publique, qui ne soit pas menée par des policier.ère.s, nous
semble être une demande tout à fait raisonnable considérant les conclusions auxquelles
nous arrivons.